6 novembre 2026

Outils et stages syndicaux

Communiqué de presse des enseignantes grévistes du lycée Fustel de Coulanges de Strasbourg

Nous, enseignantes grévistes du lycée Fustel de Coulanges :

  • réclamons la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires afin de rattraper les 28% de perte de pouvoir d’achat depuis 2000, ainsi que la revalorisation des personnels dépendant de la Région,
  • réclamons le recrutement de personnels de santé et d’éducation (infirmieres et médecins, psychologues, AESH, assistantes d’éducation, CPE, agentes d’accueil et d’entretien) en nombre suffisant pour que dans chaque lycée, la priorité à la santé mentale des jeunes, annoncée comme une Grande cause nationale en 2025 puis 2026 par Emmanuel Macron soit effectivement mise en œuvre,
  • réclamons l’arrêt des suppressions de postes et le recrutement d’enseignantes afin de reconstituer un volant de remplaçantes formées et expérimentées, non précaires, en nombre suffisant pour mettre une enseignante devant chaque classe dans tous les lycées, toute l’année,
  • réclamons de saisir l’opportunité du creux démographique pour réduire les effectifs d’élèves par classe,
  • réclamons une formation continue des personnels sur le temps de travail à la hauteur des enjeux éducatifs et citoyens pour que notre école cesse de reproduire, voire d’accentuer, les inégalités sociales,
  • réclamons l’abrogation du délétère et monstrueux “lycée et Bac Blanquer”,
  • réclamons la création d’au moins 100 000 places dans l’enseignement supérieur public, pour que Parcoursup devienne un véritable outil d’orientation et non un outil de tri social,
  • dénonçons le soutien budgétaire au développement d’une offre privée de formation post-bac au rapport qualité-prix souvent douteux dans lesquels plus de 25% des bachelieres sont (souvent contraintes par manque de place dans le public) inscrites, un niveau record,
  • dénonçons la publication erronée du nombre de lycées ouverts / bloqués visant la manipulation de l’opinion publique ainsi opérée par le gouvernement. Nous ne sommes pas dupes des artefacts statistiques qui permettent de produire ces chiffres pour faire croire à un essoufflement de la mobilisation lycéenne. Le gouvernement met les équipes de direction sous pression afin d’ouvrir coûte que coûte les établissements, même s’il n’y a que peu d’élèves en classe, place élèves, parents et enseignantes sous tension, au risque de graves incidents possibles devant ou dans les lycées, où sont déployées des forces de l’ordre en nombre, équipements et actions disproportionnés.
  • dénonçons la répression policière et judiciaire des élèves et personnels mobilisés,
  • demandons que cesse l’usage d’armes de guerre et de dispositions de lutte contre le terrorisme pour réprimer un mouvement social, pour blesser et intimider des enfants, et que la doctrine policière du maintien de l’ordre vise la désescalade,
  • dénonçons l’entêtement du Préfet et du Recteur de Strasbourg, qui conduit à une grande désorganisation, à une mise en danger inutile et à l’instauration d’un climat anxiogène pour les élèves comme pour les personnels de l’Éducation nationale.
    Nous sommes fières et enthousiasmées par la mobilisation exemplaire de nos élèves dont nous soutenons les revendications légitimes pour obtenir des conditions dignes d’études et un avenir désirable.
    Les annonces du ministère de l’Éducation nationale ne sauraient constituer une réponse acceptable et suffisante : ce sont soit des annonces dérisoires (nombre d’enseignant(e)s supplémentaires, nombre de places créées dans le Supérieur), soit de vaines promesses à la concrétisation plus qu’incertaine dans un contexte d’année électorale.

Strasbourg le jeudi 5 novembre 2026